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HOMÉLIE DU DIMANCHE MISSIONNAIRE
« Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir » (Mc 10,45) En ce 18 octobre 2009, dans toutes les églises catholiques de la planète, nous célébrons le Dimanche missionnaire mondial. C'est le dimanche de la Mission universelle. L'occasion de nous rappeler, nous baptisé(e)s, que nous sommes des disciples-missionnaires, que nous sommes tous des personnes engagées au service de la Parole vivante de Dieu et au service de leurs frères et soeurs en humanité comme Jésus l'a demandé : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples... » (Mt 28, 19). Aujourd’hui, à la lumière de l’évangile, nous allons méditer comme vivre cette mission. .-Cette Mission, nous sommes invité(e)s à la vivre comme des serviteurs et des servantes de l'Amour. Le témoignage de notre foi au Christ Rédempteur, au Christ Ressuscité, de notre espérance et de notre charité est le plus grand service que, nous, les baptisés puissent rendre au monde de ce temps... ici et jusqu'au bout du monde. Nous le savons, le Christ, missionnaire du Père a fait de toute sa vie, un service : l'élan même de sa vie est l'élan de Dieu qui veut servir les hommes et les femmes. « Il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu, mais au contraire il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 6-7). Le Christ s'est fait serviteur jusqu'à laver les pieds de ses disciples et à donner sa vie pour accomplir le plus grand service qu'il pouvait nous rendre : nous guérir, nous sauver du péché, source de tous nos maux. Et le Christ nous invite à le suivre dans ce mouvement de service des hommes et des femmes qu'il aime.« C'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous » (Jn 13, 15). Ainsi, le Christ qui se définit comme le missionnaire du Père révèle que sa Mission vers l'humanité est fondamentalement un service. La Mission de l'Église, qui continue la Mission du Christ aujourd'hui, est, elle aussi, un service. En nous faisant disciple-missionnaire, Jésus nous fait serviteur et servante de ceux et celles vers qui nous allons, comme lui s'est fait notre serviteur. Que fait Jésus en vivant sa mission, en se faisant serviteur : il révèle l'Amour de Dieu, révèle ce qu'est l'Amour véritable. L'Amour veut le bonheur de celui ou celle qu'il aime; il veut servir ce bonheur. Et l'Amour se réalise pleinement lorsqu'il ne se contente pas de servir la personne aimée par une aide matérielle, mais lorsqu'il se donne lui-même pour faire exister cette personne, pour qu'elle vive dans la dignité des enfants de Dieu. C’est ca la Mission : un acte d'amour, un acte d’amour qui reconnaît la personne rencontrée sur d'autres rives, quelque soit sa race ou sa culture, dans sa valeur propre. Les missionnaires donnent leur vie pour faire vivre ceux et celles vers qui ils sont envoyés. Mais la mission n'est pas seulement d'aller dire aux autres cette bonne nouvelle du Seigneur Ressuscité, mais aussi de la recevoir de ceux-là mêmes à qui nous sommes envoyés. Souvent nous pensons notre mission en termes de don, mais la vraie mission est aussi de recevoir. La mission devient authentique seulement quand elle devient autant recevoir que donner. Nous sommes envoyés aux pauvres, aux blessés, aux handicapés, aux prisonniers pour leur apporter la bonne nouvelle de la Résurrection. Mais nous nous épuiserons bien vite si nous n'acceptons pas de recevoir l'Esprit du Seigneur de ceux à qui nous sommes envoyés. « L'Esprit du Seigneur est caché dans la blessure et la faiblesse du pauvre. Sans cet échange mutuel de donner et de recevoir, la mission devient facilement une manipulation. Quand on est fier de donner ce que l'autre reçoit de nous, alors le donneur peut devenir rapidement un oppresseur et les receveurs deviennent victimes. C'est seulement lorsque le donneur reçoit du pauvre et que le pauvre donne que le cercle de l'amour peut grandir. ». Henri Nouwen Aujourd’hui nous voulons Aider l'Église missionnaire, en participant à cet acte d'Amour, celui de reconnaître la valeur des hommes et des femmes de ce monde et leur annoncer l’amour premier de Dieu, qui veut faire vivre les hommes et les femmes de tous pays. « Voici ce qu'est l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime d'expiation pour nos péchés. (...) Si Dieu nous a aimés ainsi, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. (...) Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu'il aime aussi son frère. » (1 Jn 4, 10;21) Voilà ce qu'est la Mission à la suite du Christ. Voyons comment l’annonce de cette bonne nouvelle du Christ transforme actuellement l’Afrique, grâce à vous… L'Église d'Afrique est en pleine croissance. L'Afrique, formée de 53 États, compte 940 millions d'habitants, soit 1/6 de la population mondiale; elle est en forte croissance. En 1900, les catholiques n'étaient que 2 millions. Aujourd'hui, ils sont environ 153 millions, soit la plus forte progression mondiale. L'Église catholique en Afrique comprend : 495 diocèses, 18 cardinaux, 630 évêques, 32 370 prêtres (dont 50% sont autochtones), 66 729 religieux (dont 58 781 religieuses, 7 948 frères), 374 diacres, 23 580 grands séminaristes, 384 379 catéchistes. Une Église qui sait accueillir et qui sait donner L'évangélisation commencée dès les premiers siècles en Égypte, Éthiopie et Afrique du Nord fait maintenant de grands pas. De nombreuses Églises fêtent leurs 50, 100, 150 ans de présence. Le dialogue avec les Musulmans et autres religions y est quotidien et déjà ces Églises donnent des missionnaires à d'autres régions d'Afrique et même d'Europe et d'Amérique (dont le Canada). Une Église qui relève les défis... Le deuxième synode africain qui se tient en octobre 2009 à Rome et qui est présidé par le pape Benoît XVI, insiste sur le rôle de l'Église dans les initiatives de réconciliation, de justice et de paix, dans un continent que beaucoup disent mal parti et qui n'intéresse guère les puissants de ce monde, sauf pour ses gisements naturels et ses matières premières. « Je souhaite vivement que l'Afrique ne soit plus oubliée dans ce monde en mutation rapide et qu'une authentique espérance se lève pour les peuples de ce continent... Il est du devoir de l'Église de défendre les faibles et de se faire la voix des sans voix. Je voudrais donc encourager les personnes qui travaillent à susciter l'espérance par un engagement résolu pour la défense de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. » (Benoît XVI) Une Église qui choisit la confiance et l'espérance Aujourd’hui notre foi, notre espérance et notre charité se mettent au service de l'Église d'Afrique et de celle des autres continents. Notre foi de baptisé(e) va traverser sur d'autres rives pour une MISSION universelle. Aujourd’hui bénissons Dieu notre Père de nous appeler à servir l'Évangile, à servir l'Amour. Bénissons le de nous faire vivre un amour ne connaît pas les frontières, un amour repousse l'indifférence, un amour nous fait disciples et missionnaires, responsables du présent et de l'avenir du monde. Demandons au Seigneur de mettre en pratique sa parole : « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous: car le Fils de l'Homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » ( Mc, 10,44-45). Amen.
P. Gérard Busque, s.s.s. 18 ocotbre 2009 |