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L'ASCENSION DU CHRIST : UN DÉPART, UNE ÉLÉVATION Mars, 16, 15-20 Nous célébrons aujourd’hui Jésus, parti pour Depuis quelques décennies, Jésus vit en Palestine à Nazareth avec ses parents. Puis il se fait prédicateur itinérant; il est touché de la misère des foules; en grand nombre il a guéri malades et possédés; il a la joie de repêcher des publicains et des pécheurs. Après avoir travaillé quelques années pour instaurer ce qu’il appelle le Royaume de Dieu, Il est mort pour tous. Jésus était attaché à ce pays, à cette ville, à ce peuple, à ses disciples. Le jour de l'Ascension apparaît comme au premier abord comme une séparation, une rupture. Saint Luc, l'auteur des Actes des apôtres, exprime cette rupture en disant deux fois que Jésus ressuscité a été « enlevé au ciel ». Par sa puissance, Dieu le fait passer de la terre au ciel en une sorte d'envolée, mais il n'en fait pas un cosmonaute. Pour nous faire comprendre, Luc utilise les termes de l'espace : terre, ciel, bas, haut, mouvement de bas en haut. Il insiste sur la visibilité du départ de Jésus. Quel est le sens de cet enlèvement? C'est tout autre chose qu'un déplacement et une disparition. Luc nous dit que Jésus fut « élevé ». Il s'agit d'une élévation de Jésus en puissance, en gloire, en dignité. Une véritable exaltation. Jésus a été réduit à une faiblesse extrême quand on l’a Crucifié. Après avoir subi l’abaissement et l’ignominie, il est aujourd’hui investi d'un pouvoir suprême sur terre et dans le ciel. Il entre aujourd'hui dans la gloire de Dieu et est exalté de façon illimitée : il est assis à sa droite. Saint Paul nous explique admirablement cette nouvelle condition de Jésus : « II s'est abaissé jusqu'à la mort sur une croix. C'est pour cela que Dieu l'a élevé au dessus de tout; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms... » Cette nomination lui attire l'hommage de tout l'univers et l'acclamation divine 'Jésus est Seigneur' de la part de toute langue. L’ASCENSION DE JÉSUS, UNE EXPLOSION DE VIE NOUVELLE Mais l’ascension de Jésus, c’est aussi le début d’une explosion de vie nouvelle. Voilà le deuxième volet de cette fête que met en évidence Saint Marc dans l’évangile que nous venons d’entendre. Quand Saint Marc, dans son évangile, nous décrit l‘élévation du Ressuscité, il en souligne les conséquences pour les disciples : il énumère des signes de succès pour le moins étranges que connaitront ces disciples envoyés pour témoigner du Ressuscité, Ils sont lancés pour promouvoir les affaires du Royaume de Dieu, pour faire exploser la vie nouvelle qu’il apporte à ceux et celles qui croient en Jésus : «Ils chasseront les esprits mauvais; ils parleront un langage nouveau; ils prendront des serpents dans leurs mains...» Il faut bien comprendre ces signes. En fait, les «signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants», comme dit l'évangéliste, s'inscrivent dans la mentalité religieuse de l'époque. C'est une façon imagée de décrire le succès qui devient accessible aux disciples lorsqu'ils parient le tout pour le tout en proclamant Jésus ressuscité. Ces prodiges annoncés par l'évangile illustrent la transformation radicale et positive des relations avec Dieu et entre humains. Vous savez qu’à l'époque de Jésus, les gens croyaient que toute malchance ou toute épreuve était causé par une force malfaisante. On attribuait la mort, la maladie ou les catastrophes naturelles à des êtres malicieux qui se plaisaient à perturber l'harmonie des relations humaines. Soudain, avec Jésus, les «esprits mauvais» n'ont plus le dernier mot. S'ils font encore des ravages, ils ont bel et bien perdu le haut du pavé. Comment vivons-nous aujourd’hui, ces succès des premiers disciples? En quoi consistent les «signes» qui nous accompagnent en tant que croyants et croyantes? Reconnaissons d'abord que nous affrontons parfois des «serpents» autrement plus dangereux que les reptiles qui rampent dans les champs ou les terrariums. La drogue, la violence, l’intolérance, sont des réalités qui risquent en tout temps d’empoisonner notre existence. Des «esprits mauvais» nous environnent tel que l’incitation au libertinage, à la consommation effrénée, à vivre seulement pour le plaisir. Tous est «esprits mauvais nous exposent à la tricherie, aux fraudes et à toute autre forme de coups bas. Heureusement, nous faisons l'expérience de «contre-poisons», d'étonnantes protections et de formidables renversements de situations. Le bien n'est jamais totalement englouti par le mal.? Jésus Ressuscité, assis à la droite du Père, tout puissant par son amour donne à ceux et celles qui croient en lui d’affronter les démons d’aujourd’hui, de triompher des serpents qui nous guettent : Ex : La montée jeunesse qui a rassemblée plus de 400 jeunes croyants nous donne un beau signe de la joie qu’apporte la foi au Christ : elle chasse le démon du non-sens, de l’insignifiance chez ces jeunes. La visite de Benoit XVI en Israël la semaine dernière illustre comment il chasse le démon de la peur, de la haine et de l’intolérance pour inviter à la réconciliation et à la reconnaissance des droits de chaque peuple. L’élection du Président Obama, il y a quelques mois, et sa foi en Dieu, font reculer bien des esprits mauvais qui empoisonnait les relations entre les pays et font disparaitre la terreur dans bien des foyers. Nous avons souvent tendance, comme les Apôtres, «à regarder vers le ciel», là où Jésus ne se laisse pas voir. Nous nous privons ainsi du contact avec ce qui se passe au ras du sol, les événements qui témoignent de la présence active du Ressuscité. Bien sur, la foi en Jésus ne fait pas de nous des guérisseurs ou des magiciens. Elle nous transforme en porteurs et porteuses d'espérance, en artisans et artisanes de charité. C'est une bonne nouvelle, surtout dans le contexte actuel où soigner, ou simplement aider, est devenu compliqué, spécialisé et dispendieux. Avec Jésus, au nom de Jésus, nous sommes conviés à devenir ensemble, le Corps du Christ. Un corps radieux et unifié, promis aux plus beaux succès, particulièrement dans les domaines de la charité et de l'espérance. Bénissons le Père qui a exalté Jésus et qui nous donne de participer par notre foi, au succès de son élévation. Amen P. Gérard Busque, s.s.s. 24 mai 2009 |