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HOMÉLIE DU 7ie dimanche ordinaire ( B)
JÉSUS QUI REMET DEBOUT La situation du paralytique de l’Évangile de ce soir me fait penser à certaines épreuves que vivent des personnes, des épreuves qui provoquent des blessures profondes et laissent des cicatrices. Je pense à des chicanes de familles, à des agressions physiques, à des divorces vécus dans l’hostilité, à la dépendance liée à l’alcool ou à la drogue. Ces épreuves peuvent devenir paralysantes, tuer l’élan intérieur et même le gout de vivre. A l’image du paralysé de l’évangile d’aujourd’hui, il arrive que ces personnes éprouvées ’ne soient plus capable d’avancer ou de se tenir debout. Mais le paralysé de l’évangile, en dépit de son immobilité, est habité par un grand désir de guérison. Ce désir, il le communique sans doute à sa façon à ses quatre porteurs qui souhaitent eux aussi le voir remis sur pied. Au nom de ce désir qui jaillit de l’intérieur, ces hommes feront preuves d’audace. Ils ouvriront le toit pour amener le paralysé à Jésus. En les voyant, Jésus reconnait le désir de guérison qui s’exprime à travers ce geste inattendu: passer par le toit pour le rejoindre. Comme les personnages du récit, nous ne savons pas toujours comment exprimer au Christ les besoins de guérison et les désirs de vie en plénitude de nos paralysés d’aujourd’hui. Mais Dieu comprend nos coeurs au-delà de nos paroles. Dans l'évangile de ce soir, Jésus commence par déclarer à cet homme paralysé le pardon de son péché, réalisant ainsi, au‑delà de la guérison physique, le « miracle » du pardon de Dieu. Jésus sait bien que le péché n'est pas la cause du handicap du paralysé. Jésus a été clair concernant l'aveugle de Bezatha : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché » Jn 9, 3). Par contre, la maladie physique de l'homme est le symbole évocateur de sa condition de pécheur. Le péché peut en effet être comparé à une maladie paralysante, il provoque insidieusement une immobilité spirituelle qui nous rend incapables de suivre le Christ et d'aller vers les autres. Sourds à sa parole, nous sommes perclus et infirmes sur le chemin du Royaume. En pardonnant d'abord les péchés, Jésus veut indiquer que le rétablissement intérieur est prioritaire. La guérison physique symbolise et authentifie la libération intérieure. Lève-toi. Dit Jésus. C’ est un mot de résurrection. «Aussitôt, l'homme se leva... » : le paralysé passe de la position horizontale, symbole d'inactivité et de mort, à la position verticale, symbole de vie et d'action. Le pardon de Dieu est une remise debout. Le pécheur est en réalité un homme « couché», asservi et diminué. Le pardon du Seigneur, dans le sacrement de Réconciliation, n'est pas un simple «effacement» du péché; il est une reconstruction qui rend à l'homme sa dignité et son dynamisme vital. « Il m'a remis debout, les pieds sur le rocher; il a assuré mes pas. » dit le psalmiste « L'homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. » Ce brancard était l'expression de sa condition d'infirme. Le prendre sur ses épaules « devant tout le monde » devient le signe de sa guérison. Désormais, il doit se porter lui‑même, se porter dans la foi. Porté devenu porteur, il devra aussi porter les autres. « Prends ton brancard! » : le pécheur pardonné n'est pas débarrassé pour autant de sa condition de pécheur, qu'il continue a assumer, Mais il sait qu'il est entré dans une vie nouvelle avec des forces neuves. Ce qui était sa souffrance et sa honte est devenu, une fois pardonné, motif d'action de grâces. Nous sommes tous des Pécheurs pardonnés. Nous pouvons dire avec le psalmiste: «Qu'ils sont grands, Seigneur, les miracles que tu as faits pour nous. lJ voudrais les annoncer, les répéter » En nous souvenant des pardons reçus qui nous ont remis debout, bénissons le Père des miséricordes ; Confions lui tous ceux et celles qui sont paralysés de quelques manières. Prions pour qu’il entend la parole de Jésus : Lève-toi. Amen
P. Gérard Busque. s.s.s.
22-02 |